Entre Nîmes, le Pont du Gard et la vallée du Rhône, vous logez au cœur de l'une des plus belles concentrations de monuments antiques d'Europe — un territoire où l'on passe, en vingt minutes de voiture, d'un amphithéâtre romain toujours debout à une abbaye creusée dans la roche.
Ce guide n'est pas une simple liste : c'est la façon dont nous, habitués des lieux, organisons une découverte. Des incontournables aux sites plus confidentiels, avec pour chacun ce qu'il faut voir, quand y aller, et comment l'enchaîner depuis nos maisons sans passer la journée en voiture.
À une vingtaine de minutes de Nîmes, le Pont du Gard est le monument antique le plus visité de France — et il mérite sa réputation. Ce que l'on prend pour un pont est en réalité le tronçon le plus spectaculaire d'un aqueduc de près de 50 km, construit au milieu du Iᵉʳ siècle pour acheminer l'eau de la source d'Eure, près d'Uzès, jusqu'à Nemausus, la Nîmes romaine. Sur tout ce parcours, le dénivelé n'est que d'une douzaine de mètres : c'est cette précision, invisible à l'œil, qui en fait une prouesse.
Haut de près de 49 mètres sur trois étages d'arches, c'est le plus haut pont-aqueduc de l'Antiquité encore debout, et le seul à trois niveaux superposés conservé au monde. Il a été monté en grande partie à sec, sans mortier, certaines pierres pesant jusqu'à six tonnes — taillées dans le calcaire doré de la carrière voisine, à quelques centaines de mètres en aval. Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1985, il a fasciné Rousseau, Stendhal et Mérimée bien avant les touristes d'aujourd'hui.

Sur place, on ne se contente pas de regarder. Le musée (très bien fait) raconte le génie hydraulique romain ; le sentier « Mémoires de garrigue », une boucle facile de 1,4 km à travers vignes, oliviers et chênes verts, suit le tracé de l'aqueduc et se fait très bien en famille. L'été, on vient surtout pour se baigner dans le Gardon : les berges aménagées en contrebas du monument se transforment en plage, et il n'y a pas plus belle toile de fond pour un pique-nique. À la nuit tombée, en juillet-août, le pont sert d'écran à un spectacle de lumière.
Bon à savoir aussi : la partie sur laquelle on marche aujourd'hui n'est pas romaine, c'est un pont routier accolé au XVIIIᵉ siècle. Et pour les sportifs, la voie verte Uzès–Beaucaire (une trentaine de kilomètres sans voiture) passe par le site — idéale à vélo.
Vous logez à Nîmes, ou à quelques minutes ? Vous avez la chance d'avoir le patrimoine antique au pied de l'immeuble. Les Arènes, amphithéâtre romain parmi les mieux conservés au monde, accueillent toujours spectacles et concerts ; la Maison Carrée, temple inscrit à l'UNESCO depuis 2023, est l'un des édifices romains les plus intacts qui soient ; la Tour Magne domine la ville depuis les jardins de la Fontaine. On termine au castellum, le bassin de répartition où arrivait justement l'eau du Pont du Gard, puis au Musée de la Romanité, face à l'amphithéâtre.
C'est une journée entière, à pied, sans toucher la voiture. On détaille tout — adresses, ordre de visite, pauses gourmandes — dans notre guide de Nîmes.
À une trentaine de minutes, Arles aligne un patrimoine romain qui rivalise avec celui de Nîmes : amphithéâtre (les arènes), théâtre antique, cryptoportiques — ces galeries souterraines qui soutenaient le forum, à explorer sous la ville — thermes de Constantin et la nécropole des Alyscamps, longue allée bordée de sarcophages que peignirent Van Gogh et Gauguin. L'ensemble est classé à l'UNESCO.
Mais Arles ne s'arrête pas à l'Antiquité, et c'est ce qui en fait une journée si dense. Le Musée départemental Arles antique (le « musée bleu ») abrite un chaland romain entier remonté du Rhône. Van Gogh y a peint plus de trois cents toiles en quinze mois. Et la tour LUMA, signée Frank Gehry, y a planté un vaisseau d'art contemporain face aux vestiges romains — un grand écart d'époques qui résume bien la ville. L'été, les Rencontres de la photographie transforment Arles en capitale mondiale de l'image.
À dix minutes d'Arles, l'abbaye de Montmajour se dresse sur un ancien îlot rocheux, au-dessus de marais aujourd'hui asséchés. Fondée par les bénédictins au Xᵉ siècle, elle mêle une église et une crypte romanes dépouillées, un cloître, et une tour fortifiée d'où la vue embrasse les Alpilles, la Crau et la Camargue. Van Gogh aimait venir y dessiner. C'est un site souvent ignoré des circuits classiques — exactement le genre d'arrêt qui fait la différence sur un séjour.
Sur les bords du Rhône, le château du roi René à Tarascon se visite : c'est l'un des châteaux médiévaux les mieux conservés de France, dressé pile en face de la forteresse de Beaucaire, sur l'autre rive — deux places fortes qui se sont longtemps regardées en chiens de faïence, du temps où le fleuve séparait deux royaumes.
Juste au-dessus de Beaucaire, ne manquez pas l'abbaye troglodytique de Saint-Roman : entièrement creusée dans la roche, avec sa chapelle, ses cellules et sa nécropole à ciel ouvert taillée dans la pierre, c'est un site unique en Europe — et un point de vue magnifique sur la vallée du Rhône.

Aux portes de Saint-Rémy-de-Provence, le site antique de Glanum se devine de loin grâce aux « Antiques » : un arc municipal et un mausolée, plantés au bord de la route, visibles librement. Derrière, la cité gallo-romaine se déploie, fouillée à flanc de colline. Juste à côté, le cloître de Saint-Paul-de-Mausole, où Van Gogh fut interné, vaut le détour.
Vers Uzès, premier duché de France, on flâne sous les arcades de la Place aux Herbes (marché magnifique le samedi), au pied de la Tour Fenestrelle, unique tour ronde romane de France. C'est aussi ici, à la Fontaine d'Eure, que naissait l'eau du Pont du Gard : la boucle est bouclée.
C'est là que loger en direct change tout : voici comment nous enchaînerions, depuis chacun de nos pôles.
Depuis nos appartements de Nîmes (Denim · Garance · Oslo). Matinée romaine à pied — Arènes, Maison Carrée, Tour Magne — puis déjeuner aux Halles, le ventre gourmand de la ville (brandade, pélardon, un verre de Costières). L'après-midi, cap sur le Pont du Gard (25 min) : visite, sentier de la garrigue, et baignade dans le Gardon si la saison s'y prête. Le lendemain, journée Arles (35 min) ou escapade à Uzès et sa place aux Herbes.
Depuis Le Mas des Prépresses (Beaucaire). Vous êtes idéalement placés entre deux mondes. Le matin, forteresse de Beaucaire et abbaye de Saint-Roman juste au-dessus, puis traversée du Rhône pour le château du roi René à Tarascon (5 min). L'après-midi, au choix : Arles (25 min) pour l'Antiquité et Van Gogh, ou le Pont du Gard (30 min) pour la baignade. Montmajour s'intercale parfaitement sur la route d'Arles.
Par Nîmes (une journée à pied) et le Pont du Gard (une demi-journée) : c'est le cœur du patrimoine romain, à portée de main. Arles fait un excellent deuxième jour.
Comptez trois à quatre jours pour faire le tour sans courir : un jour Nîmes, un jour Pont du Gard + Uzès, un jour Arles + Montmajour, et une demi-journée Tarascon–Beaucaire–Saint-Roman.
Nîmes et Arles, oui (les deux sont sur la ligne de train). Le Pont du Gard, Tarascon, Glanum et Saint-Roman se font beaucoup plus facilement en voiture. À vélo, la voie verte relie Uzès au Pont du Gard puis à Beaucaire.
Tout à fait. Le Pont du Gard a un espace ludique et la baignade ; les arènes de Nîmes et d'Arles parlent à tous les âges ; et Montmajour, avec sa tour à grimper, plaît aux plus jeunes. Voir aussi notre guide en famille.
La plupart oui, avec des horaires réduits l'hiver et quelques jours de fermeture. Vérifiez toujours sur les sites officiels avant de partir, surtout hors saison.